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Histoire : la législation des cimetières en France

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Dans un monde contemporain dans lequel tout va très vite, et tout doit être sous contrôle, la mort est un mystère qui ne cesse d’effrayer, d’intriguer, voire de fasciner tout un chacun. D’autres comme Yves Alphé en ont fait leur profession. Ce phénomène qui sépare les deux mondes du vivant et du défunt, du connu et de l’inconnu a connu et connait encore des interprétations radicalement différentes tant du point de vue historique que du point de vue culturel. Par ailleurs, le rôle de la religion n’est pas à négliger à la laïcité de nombreuses sociétés sont venus chambouler un modèle religieux de l’appréhension du phénomène qu’est la mort. Enfin, l’évolution des pratiques sanitaires et du cadre juridique autour des funérailles constituent elles aussi de véritables changements dans l’évolution des rites funéraires (comme l’inhumation ou la crémation par exemple).

La législation autour des cimetières

Grand lieu symbolique, mais aussi physique de la mort, le cimetière représente un véritable emblème du passage dans l’au-delà dans la mesure où il touche aux différents aspects législatif, sanitaire, religieux et urbain. Nous nous intéressons aujourd’hui à l’évolution de la législation autour des cimetières, en particulier au XVIIIème siècle.

En 1765, les cimetières peuvent être, d’après une prescription du Parlement, transférés hors des limites de la ville. Environ une décennie plus tard, les inhumations dans les Églises vont être interdites par Louis XVI, ce qui crée une véritable polémique et une nouvelle problématique : le cimetière des innocents se retrouve par conséquent saturé. Suite à cela, ce cimetière se voit fermé et rasé, posant la question suivante : où enterrer les ossements ? L’architecte du roi prend alors la décision de les enterrer dans les carrières de la capitale : les catacombes vont en conséquence être créées suite à cet évènement.

Le début du XIXème siècle voit la création du cimetière du père Lachaise en 1804, sous Bonaparte. Ce dernier fait également passer un décret qui vient chambouler la législation des cimetières avec : la suppression de la fosse commune et l’inhumation obligatoire en fosse séparée, la création de nouveaux cimetières en dehors des villes, la possibilité pour les familles d’acquérir des concessions funéraires (expliquées par Yves Alphé sur son blog dédié au funéraire) et le pouvoir aux autorités communales pour l’administration des cimetières. Enfin, ce décret vient consacrer l’interdiction déjà appliquée de l’inhumation dans les églises.

Le premier quart du XIXème siècle voit quant à lui la création de deux cimetières majeurs parisiens que sont le cimetière Montparnasse (1824) puis Montmartre (1825). Fin XIXème (1887), tout majeur est en droit de choisir librement le caractère civil ou religieux. La crémation commence à se démocratiser avec la création du crématorium du père Lachaise, comme en parle aussi Yves Alphé dans son article consacré à la crémation.