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Art classique et art baroque

Le XVIIe siècle est marqué par une extrême richesse artistique et culturelle, c’est pourquoi on l’appelle « le Grand Siècle ». Un courant artistique y apparaît : le baroque auquel s’opposera bientôt le classicisme.

Voyons comment différencier ces deux mouvements.

Bien que les grands artistes baroques se réclament de la Renaissance, ils sont en complète rupture avec les artistes de la Renaissance. L’art baroque s’affranchit de toute règle, il refuse l’équilibre, l’harmonie et la raison. Il ne se donne pas pour but l’imitation de la réalité, mais cherche à susciter une émotion, c’est un art excessif et spectaculaire. Le baroque s’exprime tout particulièrement dans l’urbanisme et aussi dans l’architecture, dans les églises notamment. Elles sont souvent caractérisées par des façades ondulées et des colonnes torses. L’art baroque est un art au service de la religion. Depuis le Concile de 30, l’église catholique lutte contre la réforme protestante. La magnificence des églises baroques et la richesse de leur décoration intérieure doivent à la foi glorifier Dieu, impressionner les fidèles et s’opposer à l’austérité, le dépouillement, la sobriété du protestantisme.

C’est à Rome qu’apparaît le mouvement baroque. Au XVIe siècle, le Pape confie d’ailleurs la décoration de la Basilique St Pierre de Rome et l’aménagement de la place à l’un des initiateurs de cet art nouveau qui est Lorenzo Bernini qui est à la fois architecte, sculpteur, peintre. La Basilique St Pierre de Rome est ainsi l’exemple le plus connu d’urbanisme baroque. Un autre architecte, Francesco Borromini utilise avec virtuosité la ligne courbe si caractéristique du baroque. L’ostentation de ce nouveau style, la mise en scène et l’esbroufe, l’opulence et la profusion de ses motifs séduisent bientôt l’aristocratie italienne.

Alors que le baroque prend naissance à Rome et s’épanouit essentiellement dans le domaine architectural, en France, on préfère le classicisme. Très peu d’édifices baroques sont construits en France. Prenons l’exemple du Louvre, qui est emblématique de cette tension entre le classique et le baroque. En 1665, Louis XIV souhaite achever la construction du Louvre et fait venir de Rome le Bernin qui a réalisé la basilique St Pierre de Rome. Son projet est sévèrement critiqué par les architectes français. En 1667, c’est l’architecte Claude Perrault qui finalement réalisera la colonnade du Louvre. Le classicisme semble triompher de la tentation baroque. L’idéal classique qui l’emporte en France dans la seconde moitié du Grand Siècle s’appuie avant tout sur le culte de l’Antiquité qui est un modèle inégalé. L’art classique cherche le beau idéal dans les proportions, l’ordre et la symétrie. Il se propose de surpasser une nature encore imparfaite.

L’architecture est plus sobre et plus claire : les façades sont rectilignes, les volumes directement inspirés des constructions antiques. Sculpture et peinture privilégient les thèmes mythologiques souvent au service du roi plutôt que les sujets religieux. En architecture, le modèle le plus parfait de l’art classique est sans contexte le château de Versailles qu’il fait édifier en 1661. Son architecte Levau commence les travaux mais c’est Jules Hardouin-Mansart qui achève le gros œuvre vers 1702. La décoration est confiée à Lebrun qui dirige une armée de peintres, de sculpteurs, d’ébénistes et d’autres corps de métiers encore. Dans le domaine de la peinture classique, il faut connaître Nicolas Poussin et en matière littéraire le théâtre de Molière, Corneille, et de Racine ainsi que la prose de Madame de la Fayette.

L’influence de l’art classique en Europe reste plus réduite que celle du baroque. Mais au siècle suivant, cependant, le classicisme connaîtra une nouvelle vogue, de nombreux souverains commanderont à leurs architectes et artistes des résidences inspirées du château de Versailles ; ce sera le mouvement du néo-classicisme.