L'histoire du journalisme par Stéphane Demazure

Journaux
Stéphane Demazure vous explique l'histoire du journalisme en France

On appelle histoire du journalisme, d’un point de vue historique, le développement du journalisme en tant qu’activité régulière et reconnue basé sur l’élaboration et la diffusion d’informations, indique Stéphane Demazure.

En effet, le journalisme s’est progressivement étendu au fur et à mesure des siècles, avec une tendance à la hausse de la diffusion d’informations diverses et variées parmi les citoyens. A partir de la fin du 17ème siècle, les journaux ont représenté le principal moyen de diffusion de l’information.

A cette époque se sont également ajoutés les magazines, au XXème siècle la radio et la télévision et au XXIème Internet. Une étude comparative menée par Guillamet tire les conclusions suivantes : on peut définir l’histoire du journalisme selon plusieurs périodes : la période antique ou artisanale (1609-1789), la période moderne ou libérale (1789-dernier quart de siècle du XIX), le contemporain ou industriel (dernier quart de siècle du XIX- dernier quart du XXe).

Ensuite vint l’apparition d’un nouveau média qu’est Internet, en 1994. Le journalisme s’est étendu grâce à l’essor de la technologie et du commerce, marqué par l’avènement de techniques spécialisées pour l’enregistrement et la diffusion de l’information, rappelle Stéphane Demazure, spécialiste en journalisme.

Ainsi, vitesse et quantité d’informations disponibles se sont considérablement améliorées au fil des siècles. Il faut savoir que le métier de journaliste fut très controversé : comment parler de journalisme, de diffusion d’information, sans parler de censure par exemple ? En effet, le principe de protection des sources d’information des journalismes n’a été reconnu que très lentement.

Différentes sortes de journalisme

En fait, selon Stéphane Demazure, l’on ne devrait pas dire « journalisme » mais « journalismes ».

En effet, plusieurs styles journalistiques sont nés au cours des siècles :

-les faits divers : originaires des colporteurs du Moyen-Âge qui transmettaient les évènements importants des villages voisins. Bien plus tard, au XVIe siècle on parle de faits divers tragiques tels que les meurtres, les viols ou accidents racontées sous forme de récit. A cette époque, ce type de journaux est de faible qualité.

-Des textes sont ensuite placardés en public et distribués dans des habitations par François de Sale, prêtre catholique savoyard. Ce dernier est également, comme l’on peut s’en douter, homme d’écriture si bien qu’il est depuis 1923 considéré comme le saint patron des journalistes et des écrivains dû à son recours à l’imprimerie.

-Viennent ensuite les informations gouvernementales, publiées pour la toute première fois par La Gazette; en 1631. Le sujet principal du journal est donc la politique.https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Gazette_(France) - Les opinions politiques sont quant à elles diffusés via des libellés, hélas parfois censurés, déplore Stéphane Demazure.

-En 1831, on voit apparaître la presse loisir avec notamment des feuilletons et des petites annonces. Ce sont d’ailleurs celles-ci ainsi que la publicité qui permettent de financer ces journaux. Ce type de presse est donc largement abordable et accessible à tous, et c’est celle qu’aborde Maupassant dans Bel-ami. Cependant, elle souffre d’une mauvaise réputation et ce encore maintenant. Pourtant, de grands auteurs tels que Balzac ou Dumas ont débuté à travers ce type de presse.

-A la fin du XIXeme siècle apparaît le journalisme de reportage et de découvertes. Colonisation et nouveaux moyens de transports sont deux phénomènes qui facilitent grandement le travail des journalistes pour rédiger des reportages de destinations éloignées. -1920 voit l’apparition d’interviews avec la radio -

Deux types de reportages naissent par la suite : le reportage photo notamment sur de grands évènements historiques (ex : Seconde Guerre Mondiale) et le reportage subjectif visant à partager des opinions au détriment de l’objectivité. L’ironie est alors de mise dans ce type de journal.

-En 1974, l’affaire du Watergate prouve combien les sources d’info des journalistes sont importantes. On voit alors arriver la presse de révélations, indique Stéphane Demazure. Ce sont deux journalistes qui vont révéler l’affaire et pousser le président à démissionner.

-Enfin, le reportage BD : l’une des références en la matière, Joe Sacco est écrivain de bande dessinée. C’est avec l’essor de ce type d’art que va se développer le journalisme reportage BD.

Quelles sources d’information pour le journalisme ? Indications par Stéphane Demazure

Grands évènements, guerre, faits divers, crimes…le journalisme cherche souvent le scandale, le choc, le drame. Le journaliste agit alors comme témoin de choses que le grand public n’a pas vu. Toutefois, Internet et la télévision viennent chambouler ce schéma avec la possibilité d’avoir des infos en continu. Les sites et blogs permettent à tout un chacun de devenir son propre rédacteur en chef, comme Stéphane Demazure qui a lui été rédacteur en chef dans de nombreux journaux.

15 prix Nobel français

15 français ont reçu le prix Nobel de Littérature depuis sa création. La France est le pays le plus titré du monde devant les Etats-Unis et l’Angleterre. Mais parmi ces 15, combien êtes-vous capables d’en citer ? Et bien grâce à Pas Bête le Net, vous saurez quoi dire sur chacun d’eux et vous saurez surtout quoi lire de chacun d’eux.

Le premier auteur au monde à avoir reçu un Prix Nobel de Littérature est français, c’est Sully Prudhomme. Tout le monde l’a oublié. Pourquoi ? Peut-être parce qu’il était un peu trop « touche à tout », poète, parnassien, moraliste, esthète mais aussi philosophe. Complètement désintéressé, il a utilisé l’argent de son Prix Nobel pour fonder un Prix de Poésie géré par la Société des Gens de Lettres. Je vous recommande la lecture de ses pièces poétiques, notamment « Les solitudes ».

Frédéric Mistral est le chantre de la culture provençale. On le connaît mais on le lit peu. Il est l’auteur d’un dictionnaire de provençal, « lou tresor dou felibrige » et il est l’auteur aussi d’un grand poème qui s’appelle « Mireille ». Frédéric Mistral a surtout été récompensé pour son activisme envers la sauvegarde de la langue provençale.

Romain Rolland est un pacifiste déprimé par les guerres. Quand la première guerre mondiale débute, il se réfugie en Suisse, il n’est pas mobilisable car il a plus de 48 ans et il entretient une correspondance avec de grands intellectuels notamment germanistes comme Sigmund Freud, Herman Hesse, mais aussi André Suarès ou Richard Strauss. Son grand ami est Stephan Zweig avec qui il entretiendra une relation épistolaire fournie de plus de 500 lettres. A lire : « au-dessus de la mêlée » et sa grande œuvre en plusieurs tomes, « jean-christophe ».

Anatole France est considéré comme l’un des grands auteurs de la troisième république. C’est aussi un grand critique littéraire, une conscience politique mais il influence surtout la pensée sociale de la première moitié du XXe siècle. Il inspire à Proust le personnage de Bergotte qui est l’archétype du romancier. A lire : « le crime de Silvestre Bonnard », « Balthazar », « Thaïs », ou encore « Le lys rouge ».

Henri Begson a écrit quatre œuvres majeures de philosophie et un essai reconnu mondialement qui s’appelle « Le rire ». Begson influence encore le cinéma, l’esthétique, la philosophie mais aussi par exemple la neuro-psychologie. Juif, en 1941 il renonce à tous ses titres et tous ses honneurs pour s’opposer aux lois antisémites promulguées par le régime de Vichy.

Roger Martin du Gard est un grand admirateur de Léon Tolstoï et de son « Guerre et Paix ». En 1913 il se lie d’amitié avec André Gide. A lire, au choix « Jean Barois » ou une saga en 8 tomes, « Les Thibault ».

André Gide, c’est un monument de la littérature française que vous devez absolument lire.  Fondeur de la Nouvelle Revue Française, il est une référence en matière de renouveau de l’écriture classique notamment au travers d’un roman qui s’appelle « Paludes ». Je vous recommande également « les nourritures terrestres », « les caves du Vatican » et « les faux monayeurs ».

François Mauriac, auteur classique, souvent hésitant dans sa vie par exemple au démarrage Franquiste puis finalement Républicain, d’abord tenté par Pétain puis finalement anti-pétainiste et Résistant, finalement très français. Je vous recommande « Thérèse Desqueynoux » et « Le nœud de vipères ».

Albert Camus est issu d’une famille modeste d’Alger. Boursier, républicain, c’est à la fois un romancier et un philosophe. Vous avez tous lu « l’étranger » mais il a aussi écrit une œuvre très connue et remarquable qui s’appelle « le mythe de Sisyphe » et je vous recommande absolument de lire « la peste ».

Saint John Perse, ça n’est son vrai nom, il s’appelle en réalité Alexis Léger. Il est issu d’une famille de planteurs et d’avocats. C’est un brillant élève, il devient ambassadeur de France et pour pouvoir publier librement, il s’invente ce pseudonyme Saint John Perse. Il a une écriture très complexe, très difficile, souvent hérmétique mais il faut absolument faire l’effort d’entrer dedans et je vous recommande notamment « exil » et « anabase ».

Jean-Paul Sartre, que dire de Jean-Paul Sartre en si peu de temps ? Il est à la fois romancier, philosophe, professeur, journaliste, fondateur du journal Le Temps , fondateur du journal Libération , compagnon de Simone de Beauvoir et il incarne surtout l’intellectuel français engagé de l’après-guerre.  En philosophie vous pouvez lire « L’être et le néant ». Par contre je vous incite vivement à lire un roman qui s’appelle « la nausée », une pièce de théâtre qui s’appelle « huit clos » , un essai absolument intéressant et très actuelle qui s’appelle « réflexions sur la question juive » et je vous recommande absolument, parce qu’il est pas très épais et qu’il se lit vraiment très très vite et c’est pour moi l’œuvre magistrale de Sartre, qui s’appelle « les mots ».

Claude Simon ne reçoit son prix Nobel qu’en 1985 mais il marque la littérature française dans les années 60 avec un ouvrage qui est devenu une référence, « la route des flandres ». Il publie juste derrière, « histoire » et un peu plus tard, dans les années 80, « les géorgiques ».

Gao Xingjiang est né en 1940 à Pékin, il immigre en France en 1988 après avoir passé 6 années de sa vie dans des camps de rééducation chinois. Il obtient la nationalité française en 1998 et il obtient le Prix Nobel de Littérature en 2000. Il l’obtient pour un livre remarquable qui s’appelle « La montagne de l’âme ».

Jean-Marie le Clézio est franco-mauricien. Il est classé parmi les auteurs de la mouvance du nouveau roman mais il obtient un accueil auprès du grand public extrêmement fort. Il est traduit aujourd’hui en 36 langues. C’est un féru de culture amérindienne et ses livres sont d’ailleurs souvent emprunts de contenus mythologiques et oniriques inspirés d’Amérique du Sud. Parmi ses titres remaquables à lire, je citerai « procès-verbal », « désert » et « l’africain ».

Patrick Modiano est l’auteur d’une trentaine de romans. Il est comparé à Proust par le secrétaire général du jury du Nobel. Il est traduit dans plus d’une trentaine de langues et il est également auteur jeunesse avec un personnage récurrent qui s’appelle « Choura ». A lire, « la place de l’étoile » qui est son premier roman, mais aussi par exemple « rue des boutiques obscures »

Source de l'article

Littérature

Cette rubrique est comme son nom l'indique dédiée à la littérature et ce au sens large du terme : littérature classique ou moderne, pièces de théâtre, poésie, romans ou nouvelles...nombreux sont les thèmes abordés dans cette rubrique consacré à l'art de mots et des lettres.

 

Connaissez-vous ces 15 prix Nobel français ?

 L'histoire du journalisme par Stéphane Demazure