Home

Histoire de la photographie: une invention aux mutliples inventeurs

L’idée de photographie, c’est-à-dire d’enregistrer de manière durable une image fidèle du réel, c’est un fantasme que l’homme a depuis très longtemps, et qui est rendu possible au XIXe siècle grâce à différentes découvertes. Car la photographie fait intervenir des phénomènes physiques et chimiques complexes, tellement complexes que certains d’entre eux seront expliqués plus d’un siècle avant son invention.

La première découverte mise en jeu dans le processus photographique, c’est la caméra obscura. La caméra obscura, ou chambre noire a été découverte dès l’Antiquité et sera ensuite récupérée par les européens à la Renaissance, en particulier par les peintres, car celle-ci permet de produire des images précises et réalistes. Son principe est simple : il s’agit d’un espace clôt, hermétique à la lumière que l’on vient percer d’un petit trou. Avec la caméra obscura, nous avons donc les moyens de créer une image du réel à une échelle réduite, mais encore faut-il pouvoir la fixer sur un support !

C’est là qu’interviennent deux autres découvertes : tout d’abord, la propriété des sels d’argent à noircir à la lumière. Si cette réaction était connue depuis le Moyen-Âge, il faut attendre 1725 et 1810 pour pouvoir exploiter cette propriété dans le procédé photographique. Une fois qu’une image monochrome s’est formée sur notre support, par noircissement du nitrate d’argent, c’est-à-dire que les ions AG+ de la solution se sont transformés en argent métallique, il reste encore une étape. En effet, il faut stopper le noircissement, c’est-à-dire se débarrasser des ions AG+ restants, sans quoi ils finiraient eux aussi par noircir et on obtiendrait alors une image toute noire, donc plus d’image. Une solution est apportée en 1819 par l’anglais Sir John Herschel qui découvre que l’hyposulfite de sodium peut jouer le rôle de fixateur. C’est également à ce grand chimiste que l’on doit le terme de photographie.

A la suite de ces grandes découvertes, en France, dans les années 1810, Nicéphore Niépce qui soit dit en passant a aussi inventé le premier moteur à explosion, se consacre à des recherches sur la photographie qu’il appelle à l’époque héliographie. Il utilise le chlorure d’argent pour saisir les images produites dans la chambre noire. Mais il n’a pas connaissance de la découverte de Herschel, et son principal défi reste de fixer l’image. C’est en 1826 qu’il parviendra à produire ce qui est aujourd’hui considéré comme la première photographie de l’histoire de l’humanité. Niépce va essayer de développer des liens avec des personnes susceptibles de développer l’invention, de la diffuser et notamment de lui trouver des financements. Niépce est ruiné. C’est dans ce contexte qu’il rencontre Jacques Mandé Daguerre qui est très intéressé par l’invention. Mais leur relation ne débouchera sur rien de concret, car Niépce part en Angleterre, tombe malade, devient fou et meurt en 1833.

C’est Daguerre seul, en industriel malin qu’il est qui va poursuivre le projet dont il avait senti très tôt l’intérêt. Niépce mort, il s’attribue la paternité de l’invention et y apporte effectivement des améliorations. Ainsi la sensibilité des plaques photographiques est augmentée. On passe d’une pose de quelques heures à quelques minutes. Il poursuit aussi, sans en avoir vraiment conscience, l’idée de l’image latente qui permet d’exposer l’image moins longtemps et de la révéler plus tard. Le résultat est une image en positif très nette et très précise sur plaque de cuivre non reproductible. Daguerre invente ce qu’il appellera en tout humilité, le Daguerreotype. En 1839, il présente le process à François Arago, homme politique et scientifique renommé, qui sent tout de suite la bonne affaire. En Janvier, il fera une déclaration devant l’Académie des Sciences et des Beaux-Arts.

On considère souvent cet évènement comme la date précise de l’invention de la photographie. Quelques mois plus tard, une loi est votée qui offre une pension annuelle à Daguerre et au fils de Niépce. La France acquiert ainsi le brevet de l’invention et décide alors d’en faire don au monde : n’importe qui est alors libre d’utiliser l’invention. Cette généreuse stratégie de décision de la France va permettre le succès immédiat et la diffusion dans le monde entier du Daguerreotype. Il n’y a pas qu’en France que des recherches sur la photographie sont menées : à la même époque en Angleterre, William Talbot obtient lui aussi la fixation d’une image argentique. Talbot a commencé ses recherches dans les années 1830 et a eu des résultats probants dès 1835 c’est-à-dire à peu près en même temps que Daguerre. Un grand débat de mauvaise foi se fera alors, chaque pays faisant valoir l’antériorité de son invention dans cette époque de concurrence féroce entre deux grandes puissances européennes.

Cependant, il est indéniable que Talbot est en retard sur l’invention de Niépce et sur la publication de Daguerre, ce qui lui a valu une moindre renommée. Très rapidement après l’annonce de ce dernier, il présente ses résultats devant la Royal Institution qui découvre alors un procédé photographique complètement différent du Daguerréotype qu’on appelle « le papier salé ». Ce procédé fonctionnait surtout par contact, c’est-à-dire en déposant directement sur la surface sensible l’objet que l’on voulait reproduire. La grande invention de Talbot, c’est surtout le négatif. Rappelons-nous que les sels d’argent noircissent à la lumière. Ainsi, l’image obtenue est noire, là où la lumière n’a rencontré aucun obstacle, blanche là où se trouvait l’objet à reproduire et un degré gris dans les zones entre deux.

Talbot utilise ce négatif pour obtenir, par contact, un grand nombre de positifs. En cela il est à proprement parler un inventeur de la photographie, si l’on estime que le procédé négatif/positif et surtout la reproductibilité de la photographie sont à la base de la photographie argentique moderne. De même, il est notable que le papier salé de Talbot est le premier procédé photographique sur papier, et que, jusqu’à l’invention des procédés numériques, le papier a été le support privilégié de la photographie. Talbot fera l’erreur de poser un brevet sur son invention, brevet qui freinera largement son évolution et sa diffusion, notamment au profit de l’invention française, qui elle était gratuite.

En 1854, Talbot décidera toutefois de ne pas prolonger son brevet. Le calotype connaîtra alors de belles années, notamment en France, où le procédé est amélioré. Mais très vite il disparaîtra au profit d’un procédé plus rapide et plus précis, le collodion humide sur plaque de verre.

Lorsque l’on énumère la liste des inventeurs de la photographie, on oublie bien souvent de citer Hyppolite Bayard. Pourtant celui-ci a bel et bien inventé la photographie, si l’on entend par là qu’il a découvert ce procédé alors qu’il ne le connaissait pas d’autre part. Un peu comme si vous inventiez le théorème de Thalès, la pétanque ou la théorie de la relativité avant de vous apercevoir que c’est déjà fait. On pourrait dire ça : Bayard a découvert la photographie, il ne l’a pas inventée. Cela s’est joué à vraiment peu de choses. Il présente son invention à l’Académie des Sciences et des Beaux-Arts en 1839, la même année que Daguerre, mais avec quelques mois de retard. De plus son invention ne sera pas rendue publique, à cause de pressions politiques notamment de la part de François Arago, le député qui s’était personnellement engagé à promouvoir le Daguerreotype. Pour toutes ces raisons, Bayard sera rapidement oublié de l’histoire. Pour autant, Bayard est un authentique inventeur, puisque son procédé est différent de ceux de Niépce, Daguerre ou Talbot.

En effet, on devrait parler des photographies plutôt que de la photographie, surtout à ses débuts puisque les procédés changent beaucoup et induisent des différences de comportement de la part des usagers. Par exemple, la possibilité de reproduire ou non une image. Dans les faits, le procédé de Bayard se rapproche un peu des deux autres ; de celui de Talbot puisqu’il propose une épreuve sur papier et non pas sur plaque de métal comme le Daguerreotype et en même temps on peut aussi le rapprocher du procédé de Daguerre puisqu’il permet d’obtenir une image positive mais non reproductible. Enfin le fait qu’il permette d’obtenir une image directement positive contrairement au Daguerreotype est une véritable innovation. Mais cette originalité ne le sauvera pas. Par ailleurs, rendons hommage à Bayard qui est le seul des 4 inventeurs de la photographie qui entend que photographe laisse une œuvre abondante et variée. Il est à l’époque très actif et est le premier à organiser une exposition de photographie. Mais c’est surtout avec sa photographie « autoportrait en noyé » réalisée en octobre 1840 que le nom de Bayard restera gravé dans l’histoire de la photographie pour toujours. Pour protester devant l’indifférence par laquelle tout le monde le traite, il réalise une photographie le représentant comme noyé. Cette image est la première photographie de fiction et c’est extrêmement intéressant puisque depuis ses origines, la photographie a été présentée par certains sous l’angle de l’objectivité et de la prétention à dire la vérité.

La photographie nous montre bien qu’elle a une longue histoire derrière elle. Elle nous montre bien aussi comment le bouillonement du XIXe siècle peut donner lieu à des découvertes similaires à plusieurs endroits sans que personne ne communique ses techniques. Ainsi, Niépce avant tous, l’inventeur maudis, puis Daguerre le rusé commerçant et Talbot le découvreur du négatif ont tout autant été inventeurs de ce que nous appelons aujourd’hui la photographie qu’Hyppolite Bayard, l’homme de l’ombre et l’expérimentateur invétéré.

5 monuments à visiter au Luxembourg par Bernard Zimmer

Entrepreneur luxembourgeois passionné par la culture de son pays, Bernard Zimmer vous présente 5 monuments d'architecture à visiter si vous souhaitez voyager et (re)découvrir le Luxembourg

 

  • Luxembourg American Cemetery Memorial : un véritable hommage aux nombreux soldats américains morts durant la Guerre, lieu de recueil et de silence

 

  • La Corniche : appelée aussi « le plus beau balcon de l’Europe », la corniche s’étend le long de magnifiques remparts et offre une vue sensationnelle sur la vallée de l’Alzette (rivière franco-luxembourgeoise), la ville basse et le plateau du Rham.

  • Cathédrale Notre Dame : Paris n’est pas la seule ville à disposer d’une cathédrale de ce nom ! Au Luxembourg aussi, vous pourrez visiter une somptueuse cathédrale baroque à l’architecture magnifique avec par exemple la statue de la Consolatrice des Afligés juste au-dessus de l’autel.

  • Palais du Grand Duc : appelé plus communément palais grand-ducal, ce monument érigé en 1573 puis restauré au cours du XVIIe siècle représente maintenant le lieu de travail du grand-duc (ex : accueil des chefs d’Etat étrangers).

  • Citadelle du St Esprit : Ancienne base militaire parfaitement conservée, la citadelle propose entre autres une promenade à deux pas de la ville ainsi qu’ une vue magnifique sur le quartier du Grund et un chemin pour accéder à ce dernier.

 

 

Bernard Zimmer vous propose de découvrir un autre de ses articles consacrés aux monuments luxembourgeois ici : Bernard Zimmer Luxembourg

Architecture

L'architecture se définit comme l'art et la science permettant de concevoir des structures et bâtiments. Cette rubrique sera donc dédiée à la découverte des différents types d'architecture, moderne comme ancienne, traditionnelle comme cocasse, française comme étrangère.

 

 

Focus sur le métier architecte avec Jimmy Parat

5 monuments conseillés par Bernard Zimmer au Luxembourg

Art classique et art baroque

Millennium Insurance décrypte l’assurance professionnelle obligatoire pour l’architecture

Se protéger avec l'assurance loyers impayés par Millennium Insurance

Geoffroy Stern présente Masdar, nouvelles technologies dans la ville

Le campus Evergreen du groupe Crédit Agricole

Architecture et l'importance de l'assurance construction selon Millennium Insurance

Le rôle de l'architecte selon Millennium Insurance

L'immobilier d'entreprise vu par Nicolas Dulion

L'architecture des réseaux cellulaires par Geoffroy Stern

New York, une destination de rêve pour les voyageurs des quatre coins du globe

S'émerveiller devant l'énorme richesse artistique de l'Opéra Garnier à Paris

Google Trends, architecture et marché immobilier

Eric Lasery soutient la conception architecturale durable

Zoom sur l’architecte japonais Kengo Kuma